lundi 6 octobre 2014

La conscience et le mental



"Il va de soi que le mental est aussi contingent que le corps - et les limites du corps sont évidentes : j'ai la taille que j'ai, et pas un centimètre de plus. Je peux sauter à une certaine hauteur, et pas plus haut. Je ne peux pas voir derrière ma tête. Mes genoux me font mal. 
Les limites de mon mental sont aussi claires : je ne peux parler un seul mot de coréen. Je ne me souviens pas de ce que j'ai fais à cette date en 2011, ou les derniers mots de Dante que j'ai lu, ou même les premières paroles que j'ai dite à ma femme ce matin. Même si je puis modifier mon humeur et l'état de mon attention, je ne puis le faire que dans des limites étroites. Si je suis fatigué, je peux ouvrir mes yeux un peu plus grand et essayer de me revigorer, mais je ne peux faire entièrement disparaître la sensation de fatigue. Si je suis un peu déprimé, je peux alléger mon humeur avec des pensées joyeuses. Je peux même accéder à un ressenti de bonheur directement en me rappelant ce que c''est d'être heureux - en faisant délibérément sourire mon mental - mais je ne peux reproduire la plus grande joie que j'ai jamais ressenti. Tout ce qui concerne mon mental et mon corps semble se ressentir du poids du passé. Je suis juste ce que je suis.
Mais la conscience est différente. 
Manifestement, elle n'a aucune forme, car tout ce qui pourrait lui donner forme doit apparaître dans le champ de la conscience. La conscience est simplement la lumière par laquelle les contour du mental et de l'esprit sont connus. Elle est ce qui est conscient des sentiments comme la joie, le regret, l'allégresse et le désespoir. Elle peut sembler assumer leur forme durant un temps, mais on peut reconnaître qu'elle ne le fait jamais vraiment. De fait, nous pouvons reconnaître directement que la conscience n'est jamais améliorée ou troublée par ce qu'elle connait. Découvrir cela, encore et encore, est la base de la vie spirituelle."

Sam Harris, S’éveiller (Waking Up), pp. 204-205


La conscience, cela qui voit tout, omniscient, est la Déesse chantée dans le Chant de la Déesse, dont voici quelques paroles en sanskrit et en anglais - Non pas ce qui est vu, mais cela qui voit, propre soi-même (pratyag-âtmâ) :

3 commentaires:

Blutack a dit…

Pourtant la conscience aussi est sujette à la fatigue, elle est impermanente puisque qu'elle disparait dans le sommeil. Je ne vois pas en quoi la conscience se différencie du reste ?

Dubois David a dit…

D'ordinaire, la conscience (vous, moi) se confond avec son contenu. Pas tous les contenus. Pas une chaise, par exemple. Par contre, la conscience s'identifie à, se confond avec, la fatigue. Pourtant, la fatigue est comme la chaise, un contenu qui apparaît et disparaît dans la conscience.
Par aveuglement, nous croyons que la conscience de la fatigue est une fatigue de la conscience, tout comme l'on peut croire qu'un cristal posé sur une étoffe rouge est un cristal rouge.
De même, nous croyons que la conscience de la disparition des choses (en particulier le corps et les pensées) est disparition de la conscience. Alors que la conscience demeure comme témoin de cette disparition. Et quand tout à disparu, nous prenons cela pour un néant, une inconscience, tant nous nous identifions aux choses, négligeant le fait qu'il n'y a alors plus de temps, plus d'espace, plus rien, seulement conscience.

caliméro a dit…

Bonjour,

difficile de saisir la différence entre conscience de rien et inconscience.
Et ce que vous appelez conscience de rien pendant certaines phases du sommeil,n'est même pas certain.

C'est après coup, en se réveillant que nous pensons que nous avions conscience de rien pendant le sommeil.
L'absence de souvenirs ne permet pas de conclure à une absence de conscience (inconscience),ni à une conscience sans objets ou avec objets d'ailleurs.

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