vendredi 27 avril 2018

Âtman - le Soi ?

La connaissance du Soi.
L'éveil au Soi.
La quête du Soi...



Le Soi est entré dans notre vocabulaire.
Ce mot vient du sanskrit âtman, thème masculin en -an, comme brahman 

Mais que signifie âtman ?
C'est un pronom réfléchi : "soi-même".
C'est ensuite un nom : "le soi", "le soi-même".

A l'origine, on (la tradition, puis les historiens du sanskrit) fait dériver
ce pronom de différentes racines : an- "respirer",
at- "bouger", voire "errer"
- "souffler".
Aux dates les plus anciennes, 
âtmâ (au nominatif) désigne le souffle,
la respiration.
Par la suite, âtmâ exprime l'âme d'une chose
ou d'un être, son essence la plus intime.
Dans les Védas, âtmâ signifie différentes choses,
selon le contexte : cela peut être le souffle, l'énergie vitale,
mais aussi le corps.
Dans les Oupanishads (la partie finale des Védas, partie censée enseigner la connaissance ultime),
sont prescrites toutes sortes de méditations où le Soi 
est identifié au corps, au souffle, à la nourriture, à l'esprit,
à "om", à la parole, à la lumière, au soleil, à l'espace,
au cycle de l'année...
Finalement, au-delà de toutes ces méditations
enjointes pour atteindre tel ou tel bénéfice
à venir, le Soi est simplement décrit
comme étant brahman, l'énergie cosmique,
l'essence de toutes choses, la vie universelle.
Notez que dans le cas, il ne s'agit pas d'une méditation
à pratiquer pour atteindre une expérience spéciale, 
mais d'un fait à voir, à constater.
C'est un point capital de la connaissance du Soi
selon le Védânta (la tradition spirituelle
qui se base exclusivement sur les Oupanishads).

Selon le Védânta,
l'âtmâ est la conscience.
Non pas un état de conscience spécial,
ni la conscience cosmique ou divine,
mais juste la conscience,
celle-là même qui "illumine" ces mots
en ce moment.
Le Soi est la lumière-conscience,
le témoin permanent et donc réel de tous les objets
changeants et donc irréels.
Comprendre cela est le fruit le plus haut qu'un 
être, humain, animal ou divin, puisse "atteindre".

Selon le tantra, le Soi est aussi
le corps et l'énergie vitale.
Le tantra a tendance à revenir
aux anciennes intuitions védiques,
enrichies par les concepts bouddhiques,
comme par exemple la notion de "conscience de soi"
auto-lumineuse, ce qui veut simplement dire
que tout est éclairé par la conscience, 
mais que la conscience elle-même
n'a pas besoin d'une autre conscience
pour être connue, vécue, réalisée :
elle est, comme une lampe,
à elle-même sa propre lumière.
Elle est évidente,
plus simple à connaître
qu'une fruit sur la paume de notre main.

Dans le shivaïsme du Cachemire,
le Soi est la conscience libre et souveraine,
mais contractée.
Elle conserve tous ses pouvoirs,
mais sous une forme limitée.
Le Soi est le corps aussi,
car le corps est l'univers
sous une forme "contractée".
Le shivaïsme du Cachemire, plus inclusif
que le Védânta, admet que la réalisation de la conscience,
donc du Soi, puisse ne dépendre de rien d'autre que de la connaissance, mais il admet
aussi que différentes formes de méditation et d’entraînement puissent déboucher
sur cette réalisation.
Et surtout, pour le shivaïsme du Cachemire, 
le Soi n'est pas seulement lumière :
il est aussi conscience, réflexion, jugement,
pensée, désir et imagination.
Sans ces pouvoirs, la conscience
serait comme inerte et impuissante,
privée de liberté et d'indépendance.
Le but n'est donc pas de se débarrasser
de la pensée, du désir et de l'imagination,
mais de se reconnaître comme source
de toutes choses afin de jouir de nos pouvoirs
sans en être les esclaves. 


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