samedi 30 janvier 2010

Transparence

Le Transparent brille
Là où il n'y a ni intérieur ni extérieur,
Ni haut ni bas,
Ni temps ni lieu,
Ni partialité.
C'est lui que je suis.
Bien qu'on ne puisse mettre le doigt dessus,
Il doit être cherché. 438

Oublie tout ce qui apparaît en cet instant.
Depuis le corps jusqu'au vide,
Tout cela n'est rien,
Tout cela est sans réalité.
Mais souviens-toi de ta vraie nature originelle,
Faite de félicité, de conscience et d'être,
Transparente. 439

Ne saisi rien de ce qui semble s'élever à l'intérieur.
Ne saisi par ce qui palpite, ce qui engendre le temps,
Ce qui est évanescent,
Ce qui n'est rien.
Mais touche ce qui est spontanément présent,
Ce qui est vide de la division entre intérieur et extérieur,
Ce qui est perpétuellement accompli. 440

Je suis la Lumière ultime,
Fulgurante en cet instant même.
Je ne m'empare pas du monde apparent.
Je suis comme possédé par ma Puissance,
Toujours présente,
Déesse de l'absolue liberté,
Donneuse du nectar d'immortalité. 441

Je n'apparais jamais sous la forme d'un "ceci"
Qui engendre l'idée que l'on est dans l'espace et le temps,
Qui produit l'illusion d'être un objet.
Je n'entre donc jamais en contact avec le corps,
Et je ne m'identifie pas au mouvement du corps. 442

Je n'ai rien à faire en ce monde.
Néanmoins, j'en joue chaque jours un morceau.
Le souffle vital se déploie de-ci, de-là,
Palpitant sans cesse,
Mais j'habite à l'extérieur du corps. 443

Je dis que
"Je suis amoureux de ce jeux
Qui consiste à épanouir la conscience corporelle":
Mais cela n'est pas vrai.
En vérité, ce jeu est naturel. 444

Lui qui est pure Lumière,
Absolu,
Qui s'incarne dans les mondes et les phénomènes,
Qui agence plaisirs et peines, lien et libération,
C'est lui que je suis,
Gloire de la conscience innée. 445

Je suis le Fond
D'où s'écoule sans cesse le "je" dans tous les êtres de la Terre.
Je suis le Soi universel,
L'intériorité ultime. 446

Je suis Śiva,
Le Seigneur éternel d'où s'écoule le "je".
En moi qui brille à chaque instant,
L'univers brille,
Tel un corps bienheureux. 447

Je suis le Verbe dont s'écoule le "je"
En tous les êtres vivants sans exception.
C'est lui le sens du mot "je",
Omniprésent,
Le suprême Śiva. 448

Les gnostiques, les amoureux
L'appellent Brahmā, Śiva, Viṣṇu,
Le Vide, l'Être pur, le Conscient,
Rāma ou l'Homme-lion. 449

Il ne peut être saisi,
Ni atteint, ni réalisé.
Inconnaissable, il doit être reconnu
En une intuition immuable. 450

L'omniprésence, l'être-limité, la corporalité, l'état de Śiva,
L'asservissement et la libération :
Ce sont des constructions imaginaires
De l'unique Sujet connaissant. 451

L'homme qui reconnaît (sa vraie nature)
En lui-même par lui-même,
Perçois les objets variés,
Extérieurs, comme se dissolvant à chaque instant à l'intérieur. 452

Râmeshvar Jhâ, La Liberté de la conscience (Saṃvitsvātantryam), Varanasi 2003.

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