dimanche 20 décembre 2015

L'éveil personnel

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C'est impersonnel, ça !?

Selon certains, le tantra "vise à déraciner tout ce qui existe d'humain dans le cœur de l'homme". Je leur souhaite bonne chance.
Et dans la même veine, nombreux sont ceux qui parlent de l"impersonnel" comme s'il s'agissait du nec plus ultra.
Je le dit avec d'autant plus de douceur que j'ai moi-même compté parmi les membres de ce troupeau. Mais, grâce ou malédiction - allez savoir - je l'ai quitté, j'ai fais le mur, la joie aux pattes. Je ne sais plus quand. Depuis toujours, en fait, je crois.

Car célébrer à tord et à travers la conscience "impersonnelle", "l'absence de la personne", "l'illusion du passé", etc., cela peut étonner, provoquer des remises en questions, faire réfléchir un peu, déboucher sur le silence intérieur. Bien. Mais cela, au prix du plus précieux : l'individu unique. La personne. 
Que la personnalité soit en partie une construction, cela est évident. Mais la personne, c'est autre chose. Ou plutôt, ça n'est pas une chose. Ou une chose sans prix, comme on voudra. Une chose digne. Une chose qui n'est pas seulement une chose. Une chose qui ouvre sur la conscience, sur un intérieur, sur des univers sans nombre. Une chose, peut-être, mais la plus extraordinaire des multivers.

Moi aussi, je peux dire "je n'existe pas". 
Mais c'est simplement une formule un brin provocatrice pour dire que "je n'existe pas séparé de Dieu" (aïe, j'aggrave mon cas, là). Les vagues ne sont pas séparées de l'océan. Mais dire, pour cette raison, qu'il n'y a pas de vague dans l'océan, c'est juste se chatouiller de formules outrées. C'est attirer l'attention au prix de la vérité. Non, les vagues existent. Chaque vague est unique. Rare. Éphémère. Et donc précieuse. 
Sans vagues, l'océan est vague. Un zombie. 
Sans moi, le Grand Moi est sans moi. Il a perdu sa moi-tié.

Et puis, cela est bien vain.
Unité, oui. Mais nier la personne ? Pourquoi donc ?
La remettre à sa place, oui. L'immensifier. L'ouvrir. La laisser se dilater, devenir transparente comme un vitrail. Mais chaque vitrail est unique.
L'impersonnel...
Ai-je besoin de tenir à cette absurdité pour vivre pleinement ? Non. 
De quoi ai-je besoin ?
D'amour. De silence. De ce miel brûlant qui coule je ne sais comment, mais de moi à moi.
Où est-ce que je trouve l'amour ? 
Ici, au centre, coïncidant exactement avec moi.
Vibrant. Palpitant. Unique. Vivant. Tout ce qu'il y a de plus personnel. Irremplaçable.
Je ne prétend pas l'expliquer. C'est juste comme ça. 
Je ne sais pas pour vous. Mais moi, c'est ainsi :
au centre, moi. Et ce moi est à la fois personnel et universel. Jamais impersonnel.
Je n'ai rien contre l'idée. 
mais l'idée ne correspond pas du tout à la réalité, à la vie.
Unique, en lui se rassemblent toutes les personnes passées, présentes et futures. Comme un immense chant d'amour.
 Une communion de tout et de tous. 
Humaine. Fragile. Sauvage aussi. 
Toute puissante, mais tâtonnante. 
Le moi personnel, celui que je sens, 
est le moi de tout et de tous.
Plus je l'aime, plus je t'aime.
Plus je nous aime, plus j'aime. Sans fin.
C'est la merveille des merveilles, le miracle des miracles,
la "boucle étrange".
Que dire ?
Plongeons !

L'amour est toujours personnel. Et c'est seulement ainsi qu'il peut s'épanouir, devenir généreux, uni vers Elle.


3 commentaires:

Zwyn a dit…

Surprenante lecture ,car juste avant cette dite lecture de votre blog, je venais de visionner des vidéos de Mooji abondant dans ce sens. Merci pour votre blog David.
Om Shanti.

françois Dureux a dit…

Très beau texte auquel j'adhère pleinement !

Renard a dit…

Alors oui le Renard vraiment il dit oui vraiment bienvenue du côté du mur où nous étions déjà. Parce que escalader parfois, non vraiment ça grignote le genoux, oui

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