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vendredi 22 novembre 2013

Rien à faire

Là-bas

 Ici


L'ultime méditation est celle qui est naturellement claire et immobile, par-delà soi et autrui, en l'étendue infinie de la conscience née d'elle-même. 
Comment la reconnaître ?
Dans cet état de conscience intégrale, tout est inclus en soi. Dès lors, la pure conscience n'est plus considérée comme se trouvant "de notre côté" (ici) et les objets n'apparaissent pas "au dehors" (là-bas). Il n'y a plus de fixation sur les constructions imaginaires.

...

Libre d'effort, la pratique libre de tout projet est "pratiquée" ainsi :
... Il n'y a aucune pratique visant à produire un résultat. Il n'y a donc rien à faire. De fait, si l'on pratiquait l'absence de pratique, cela deviendrait une pratique tournée vers l'action. Ici donc, et tout naturellement, il n'y a rien à faire et rien à entreprendre.
Mais alors, s'il n'y a rien à faire, doit-on s'asseoir sans rien faire ?
Je réponds que l'on ne s'arrête pas même au fait de s'asseoir : si on s'asseoit, alors il se peut que l'on ne s'asseoit pas (et la dualité s'ensuit). Mais puisque l'on ne s'arrête à aucune conduite particulière, telle que marcher, être debout, être assis, ou dormir, quoi que l'on fasse, on ne fait rien. Il n'y a rien à faire. Il n'est même pas nécessaire d'arrêter ce que l'on a (à faire). 
Quand on éprouve une profonde confiance dans cette façon de pratiquer, il n'y a rien à faire volontairement, comme par exemple faire des offrandes ou réciter des prières, comme c'est le cas dans les voies inférieures.

Le Grand Bouddha de Noub (Nubchen Sangyé Y., Tibet, vers 1000 ?)


Petite musique. Récitation du Sâmaveda dans un petit village du Sud de l'Inde. Les brahmanes commencent par invoquer Ganesh, puis ils récitent les toutes premières paroles du premier des quatres Vedas, celui des hymnes, le plus ancien : agnim îde purohitam... Puis il commencent le chant sâman, accompagné de gestes des bras pour indiquer les notes :


jeudi 21 novembre 2013

Le mystère des mystères

Les gens sont attirés par le mystère et le sensationnel. Moi aussi.
Mais à côté des reptiliens, des univers parallèles, du Loch Ness, des mangeurs de lumière, des petits gris, des complots en veux-tu-en-voila, des enfants dingos, des planètes invisibles, des effets kirlians, des chakras, des auras, des aiguilles dans les arpions et des boules de sucre, il y a ça :

Comment une chose (ma tête) peut-elle être transparente ? Comment, à la place d'un objet, peut-il y a avoir cette absence, cette ouverture limpide, ce rien qui accueille tout ? Comment quelque chose peut-il s'absenter pour les autres choses ? Non comme un miroir, qui accueille sans conscience, mais comme vous et moi, comme cet espace, qui accueille en conscience ?

A côté de ce miracle qui viole toutes les lois de l'univers et du bon sens, Lourdes est banale, Amarnath est surfaite, la Mecque est rebattue, le Wu Tai Shan est ennuyeux, Bodhgaya est triviale, le Kailash est insignifiant... On me dit que les pèlerinages connaissent un engouement sans précédent. Mais ça ! Ça ! Ca c'est le pèlerinage de tous les pèlerinages, le sanctuaire des sanctuaires.

A propos de tout ce qui est surnaturel ou sacré, mon hypothèse est qu'il s'agit de manières d'exprimer cette merveille de la vision de soi : rien n'est changé - tout est changé. Comment le dire ? Comment le taire ? Voilà ce qui est mystique.

Les pouvoirs surnaturels, les miracles, les visions, ne sont que des tentatives (souvent malheureuses et incomprises) pour partager ce qui est le plus évident : cette immensité d'absence, ce désert de tout, cette sphère cristalline, lieu de nulle chose et banquet sans fin. Stupéfiant. Jouissif. Bouleversant. Vertigineux. L'alpha et l'oméga des pèlerinages, le pouvoir surnaturel toujours présent, le miracle absolu de la transparence !

Au fait. Ce dessin est d'Ernst Mach. Un physicien (mach 1, mach 2...), philosophe aussi. Comme tout physicien, comme tout humain qui se respecte. Le croquis se trouve à la page 16 de la traduction anglaise de sa Contribution à l'analyse des sensations. Il est reproduit par Karl Pearson dans le très influent Grammar of Science. C'est là que Douglas E. Harding l'a vu. Et c'est là qu'il a vu. Qu'il a vu que personne ne voit, comme, en ce moment, personne ne lit ces lignes. Une absence claire. Une clarté absente. 

Merveille des merveilles !

mardi 18 janvier 2011

L'acte volontaire : une superstition de logicien ?

Je participe ce samedi à une table ronde organisée à la Cité des Sciences sur le thème de l'acte volontaire. Y a-t-il quelqu'un aux commandes ? Un agent ? Ou bien seulement des enchaînements de causes et d'effets ?
Nietzsche part d'un "petit fait" : nous ne contrôlons pas nos pensées. Du moins pas toutes. Il faudrait alors plutôt dire "ça pense", tout comme " il pleut". Le "moi" comme cause des pensées et des actes ne serait donc qu'une superstition de logiciens. Le Soi ne serait que la contrepartie de Dieu tout-puissant, réaction pathologique face à un univers par trop créatif pour certains corps.
Et la science ne fait qu'abonder dans ce sens.
Mais alors, pourquoi sommes-nous persuadés d'être des agents ?


Les informations pratiques se trouvent sur le site de la Cité.
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