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jeudi 11 mars 2021

Du feu de Dieu


 

"Nous serons ce qu'il est, car ceux à qui il a été donné le pouvoir d'être enfants de Dieu, il leur est donné aussi le pouvoir, non d'être Dieu, mais d'être ce que Dieu est...

Cette image de Dieu [dans l'âme] est appelée l'unité de l'esprit, non seulement parce que le Saint-Esprit l'oriente vers des œuvres ou parce qu'il en revêt l'esprit de l'homme, mais aussi parce qu'elle est elle-même le Saint-Esprit, le Dieu-Amour. Parce que de surcroît, par le Saint-Esprit, qui est amour du Père et du Fils, unité, délectation, bien, baiser, embrassement, et tout ce qui leur est commun à tous deux, il se produit dans cette suprême union de la vérité, dans cette vérité de l'union, pour l'homme, à sa manière humaine, par rapport à Dieu, la même chose que ce qui, dans leur unité substantielle, se produit pour le Fils par rapport au Père quand, dans l'embrassement et le baiser du Père et du Fils, nait en quelque sorte parmi eux la conscience de leur félicité. 

Il se produit cette même chose quand, d'une manière inexprimable et inconcevable, l'homme de Dieu mérite de devenir, non pas Dieu, mais ce que Dieu est par nature et l'homme par la grâce...

Si tu demande comment une telle chose est possible, puisque l'essence de Dieu est incommunicable, je te réponds d'abord avec saint Bonaventure : Si tu veux le savoir, interroge la grâce, non la doctrine ; le désir, non la raison ; le soupir de la prière, non la lecture studieuse ; l'époux, non le maître ; Dieu, non l'homme ; la pénombre, non la clarté ; non la lumière, mais le feu qui embrase tout et conduit à Dieu en de brûlants désirs, feu qui est Dieu lui-même".

Saiint-Bernard, La Vie solitaire, trad. Renouard

Ce feu est le "je suis" qui est le chemin vers la Source et qui est la Source elle-même. Le Père est Dieu, le Fils est la Déesse et l'Esprit est l'amour entre eux.

mercredi 15 avril 2020

Le plus proche

L'être est le plus intime.
Il est reconnu comme présence,
ou senti comme amour.


"Quoi de plus présent à chaque chose que son être ?
Pourtant, quoi de plus insaisissable
à chaque chose que l'être de toutes choses ?
Oui, je vais nommer Dieu l'être de toutes choses,
non parce que celles-ci seraient ce qu'il est,
mais parce que tout est de lui et par lui et en lui.
Il est donc l'être de toutes les choses qui on été créées,
lui qui est leur créateur, mais de façon causale, et non pas matérielle."

Bernard de Clairvaux, Sermon 4 sur le Cantique des cantiques

"Autant qu'une chose possède l'être,
il faut que Dieu lui soit présent
selon le mode où elle possède l'être ;
être, en effet, est ce qu'il y a de plus intime à une chose,
et ce qui lui est plus profond que tout."

Thomas d'Aquin, Somme théologique, 1a, question 8, a.1)

traductions du latin par Max Huot de Longchamps

mercredi 18 septembre 2019

"La joie sera parfaite mais le désir n'aura pas de fin..."

John Banovich - Leopard Call

Voie directe ?
Voie graduelle ?

Eveil sans retour ?
Recherche sans fin ?

Les deux, bien sûr.
Il y a progression parce qu'il y a réalisation de la perfection ici et maintenant.

Ecoutez :

Le moteur du devenir est le désir vers l'éternel.

Chaque être s'efforce, à sa manière, d'imiter l'éternel, l'être absolu.
Exister, c'est participer à l'Un.
Devenir, c'est se convertir vers son centre.
Voyez un grand cercle qui tourne : 
le mouvement qui éloigne d'un point 
est le même mouvement
qui revient vers ce point.
Notre sortie est notre retour.
La séparation est mouvement vers l'unification.
La guerre prépare la paix.

Chaque être imite l'Un, chacun à sa façon, unique.
Le poids de la pierre est sa façon d'imiter le mystère.
Sa cohésion est aussi son élan vers l'Un,
et sa solidité.
Le souffle du mouton.
Les battements du cœur du chevreuil,
son désir de vivre.
La danse des milans dans le ciel :
leur accouplement est leur manière d'imiter l'Un.
Toute union est participation à l'un :
la folie des vivants, l'immortalité par la reproduction.
La pensée aussi, qui meurt à chaque instant, et renaît.
La mémoire est imitation de l'immortelle.
Le Moi est imitation du Soi.
"Image mobile de l'éternité" ?
Oui, mais alors une éternité qui est acte pur,
vitesse infinie, l'image étant ralentissement.

La Déesse-conscience est toujours affamée et à jamais comblée.

J'ouvre Hadewichj :

"Satiété et famine inséparables,
c'est l'apanage du libre amour,
comme le savent dès toujours les amants
que sa pure essence a touchés."

Saint Bernard ne dit pas autre chose à propos de la vision béatifique (= la vision de Dieu après la mort, mais qui peut être approchée dans la vie mystique, et qui, au fond, est déjà approchée dans toute vie) :

'Quelle est la fin de cette quête ? Je crois même qu'après avoir trouvé (Dieu), on ne cessera de le chercher. On ne cherche pas Dieu par une course à pieds, mais par les désirs. Et l'heureuse découverte, loin d'éteindre le désir l'attise encore. La plénitude de la joie ne consume pas le désir, elle est plutôt une huile qui vient en alimenter la flamme. Oui c'est bien cela. La joie sera parfaite mais le désir n'aura pas de fin, et donc la recherche non plus.'

Bernard de Clairvaux, Commentaire au Cantique des Cantiques (84,1)

Donc, l'être pur est désir pur.
Tout est désir.
Sans fin.
A jamais affamé,
toujours déjà comblé.

"Je suis" est désir.
"Je suis Untel" est encore ce désir.
"Je suis je" est aussi ce désir.
Une boucle, une triade mystérieuse - une trinité ?
Chaque mouvement par du plein, revient au plein ;
chaque mouvement part de l'intervalle de pure présence,
et va vers l'intervalle de pure présence.
Outpala Déva dit que l'expérience de l'objet, de l'identification, du désir coloré par son contenu,
est comme la sensation du voyageur qui s'arrête
un moment à l'ombre d'un arbre. 
C'est un passage, un point sur le grand anneau de la vie.

Tout est mouvement.
Tout est désir.
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