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jeudi 29 novembre 2012

Et la politique, l'éthique, le social ?

Je pars bientôt en Inde.
Le bon moment pour revoir ces excellent documentaires sur Kabir et ses avatars multiples : travailleurs sociaux, intellectuels progressistes, marxistes, gourous, intégristes, hindous, musulmans, chanteurs, paysans, vieillards, féministes... à chacun son Kabir !

Quatre documents passionnants.

Le premier va à la découverte de deux Kabirs : celui de gauche et celui de droite. L'activiste interrogé au début dit cette chose intéressante : "Si un gourou voit un enfant se faire battre par un sâdhu (un religieux), il va organiser un satsang pour les sermonner pendant deux heures. Mais ça, c'est le jeu de l'intellect (buddhi-vilâsa), ce n'est pas ce qu'aurait fait Kabir...". C'est une remarque intéressante. En général, les gens disent "tout est concept", "tout est construit", mais sans jamais aller du côté des conséquence éthiques, politiques et sociales de cette idée. Ils l'emploient seulement comme un joker pour se dédouaner de toute responsabilité morale, se dégager de toute prise de position embarrassante, de toute remise en question de leurs opinions politiques. C'est moins le cas du côté des bouddhistes (décidément !), avec un "bouddhisme engagé" bien vivant, surtout dans les pays anglo-saxons. Si la spiritualité n'est que l'affaire de "mon bonheur", à quoi bon ? Peut-on être heureux seul ?


Deuxième documentaire, avec un voyage au Pakistan chez les chanteurs soufis :



Troisième film, sur les intégristes qui veulent récupérer Kabir :



Quatrième film, sur la musique inspirée par Kabir et surtout Kumar Gandharva, père de Mukul Shivputra :



Ce sont les meilleurs films que je connaisse sur la "spiritualité indienne". Ils valent leur pesant de chappatis, je vous le dis ! Sans comparaison avec les prêchi-prêcha sirupeux qu'on nous sert régulièrement sur l'Inde "éternelle" et ses yogis volants.


dimanche 4 avril 2010

Musique et sanskrit

Les versets en sanskrits sont censés être chantés ou récités en suivant quelques mélodies simples. Aujourd'hui, un schéma s'est imposé dans presque toute l'Inde (à cause des média ?), illustré par cet exemple :



Ce schéma consiste à chanter sur la tonique (shadja, en sanskrit), en ajoutant une note au-dessus, et une autre au-dessous, en variant parfois les intervalles pour distraire l'oreille. Mais les intervalles les plus populaires sont : un demi-ton au-dessus (komal rishabh), et un ton au-dessous (komal nishad)de la tonique.

A côté de cela, on peut encore entendre d'autres styles, comme le chant sâman, plus complexe que la récitation de versets :



La musique classique indienne a également intégré quelques éléments du chant religieux. La tradition Dagar, en particulier, a adopté des éléments de récitation sanskrite pour chanter des compositions en langues vulgaires. Dans les deux documents qui suivent, Z.M. Dagar et son fils, Bahoddin, expliquent la genèse et les bases de l'utilisation des phonèmes (varna), selon une règle mise au point par leur grand ancêtre du XIXe, Behram Khan. On voit d'abord le jeune Bahoddin et on entend son père chanter les syllabes. Dans le deuxième extrait de ce premier document, on voit ZM Dagar faire une démonstration des syllabes :



Dans ce second document, on peut voir et entendre (en anglais cet fois) Bahoddin Dagar devenu adulte, expliquer l'usage des phonèmes, sur le même râg todi que son père avait choisi dans l'extrait précédent :



Au passage, je vous signale une excellente liste de vidéos de rituels faits par des brahmanes kéralites, avec notamment ce rituel de la Shrîvidyâ, particulièrement élégant. Le mandala est tracé à la poudre, comme chez les Tibétains, et l'adepte appose les hiérarchies divines (nyâsa) qui ont fait la réputation de la tradition de la Shrîvidyâ :

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