Bienvenue dans les pâturages de la Vache cosmique.
Philosophie et mystique, voie de la connaissance et de l'amour. Philo-sophia, amour de la sagesse, désir de vérité, expérience et réflexion. Yoga ou union du cœur et de la tête. La philosophie comme yoga, la philosophie comme pratique, éclairée et nourrie par la tradition du Tantra et autres sources que nous ont léguées nos ancêtres. Cours Tantra traditionnel.
Rencontres autour du Vijnâna Bhairava Tantra Lectures de textes du shivaïsme du Cachemire animées par David Dubois
"Les Anciens ont enseigné que le non-attachement systématique permet l'arrêt du mental. Mais maintenant, je montre comment cet arrêt peut se produire sans effort"
Vîranâtha, Florilège pour l'éveil à soi
Ce tantra est le plus célèbre et le plus commenté depuis la redécouverte du shivaïsme cachemirien au début du XXe siècle. Extrêmement original par rapport aux autres tantras, il se présente comme un extraordinaire catalogue d'expérimentations spirituelles allant des techniques yogiques les plus sophistiquées jusqu'à l'exploration des circonstances de la vie quotidienne la plus banale. Nous lirons ensemble le tantra en sanskrit et ses commentaires, ainsi que plusieurs textes apparentés. Le but de ces lectures est de partager nos expériences dans une ambiance conviviale.
La prochaine séance (entrée libre) aura lieu le dimanche 20 juin 2010 de 14 à 16 heures à Nogent sur Marne, non loin de Vincennes. Aucune connaissance du sanskrit n'est requise.
Si vous souhaitez venir, nous vous demandons juste d'écrire à l'auteur du blog afin de recevoir l'adresse où se tiendront ces rencontres.
Mon professeur de rudra vina donne un concert au centre Mandapa, à Paris, samedi 12 juin. C'est l'occasion de découvrir une musique exceptionnelle, qui remonte directement à la tradition des Nâths, fondateurs du hatha-yoga moderne.
Kumar Gandharva fût un immense talent, mais surtout un être à la vie tourmentée, tragique et illuminée par sa rencontre avec les troubadours de Kabir. Après le documentaire (d'une série de quatre), revoici un poème de Kabir qui chante notre vraie nature :
Kumar Gandharva a eu des disciples, mais aussi un fils, Mukul Shivputra, lui-même remarquable chanteur :
Mais Mukul Shivputra est aussi un personnage haut en couleur. Il a été sannyâsî (ascète renonçant) durant vingt années. Visiblement, il continue de mener une vie de vagabond. Imprévisible, il "disparaît" parfois pour réapparaître dans un drôle d'état. Il y a un an, il fût ainsi récupéré par la police alors qu'il traînait avec des mendiants devant un temple de Bhopal, les cheveux et la barbe hirsute. Pour les anglophones, voir cet article.
Sa famille s'inquiète. Notamment son fils, lui-même chanteur :
Autre grand chanteur et son fils : Mallikarjun Mansour. Écoutez cette composition sur Shiva, un pur chef-d'œuvre :
Même composition, par un chanteur contemporain :
Et enfin, le fils de Mansour chantant sous la douche, jouant le rôle de son propre père dans ce documentaire ! :
(Le disciple) objecte : "Mais alors, quel est le substrat des impressions (causées) par les formes matérielles et autres (sensations) ?
(Le maître) : "(Ces impressions et sensations) ont le même substrat que le désir et autres (émotions)".
(Le disciple) : "Mais alors, d'où viennent ces (émotions) tels que le désir ?
(Le maître) : "Nulle part ailleurs que dans l'intellect, car il y a des passages de la révélation qui déclarent :
Le désir, la résolution et l'hésitation (sont dans l'intellect)
Les impressions suscitées par les formes matérielles sont aussi dans l'intellect, car il y a des passages qui le disent :
Où donc les formes ont-elles leur fondement ? Dans le cœur[1]
Ces passages de la Révélation affirment que le désir, l'aversion, etc. sont des attributs des objets qui forment le champs (du sujet connaissant), et non pas pas des attributs du Soi :
Ses désirs ont leur fondement dans le cœur
En effet, (quant ilest dans l'au-delà), il a dépassé toutes les peines du cœur
En effet, il est sans attaches
Autrement dit, il est au-delà des désirs
De même, la Tradition dit :
Je déclare que ce (Soi) est immuable
Car il est sans origine ni qualités'
etc. Par conséquent, l'impureté réside seulement dans les objets[2] et non en soi-même/ dans le Soi."
37-38.
Donc tu n'es pas différent du Soi suprême tu n'a rien à voir avec l'impureté liée aux impressions (affectives) suscitées par les formes etc. Ainsi, parce qu'il n'y a nulle contradiction avec (ce que nous enseigne) la perception sensorielle, on doit admettre que l'affirmation 'Je suis le Soi suprême' est raisonnable, comme l'affirment les passages suivants de la Révélation :
Il connaissait ce Soi
Je suis l'absolu
On doit percevoir sans interruption (ce Soi) homogène
[3] Litt. : "Je suis à partir d'en bas (adhastāt)", comme dans l'étymologie de sujet : sub-jectum, ce qui est 'jeté en-dessous', comme la dalle de fondation d'une bâtisse.
[4] Ou : "celui qui est sans facultés (sensorielles ou mentales)".
[5] sarvaṃ vāsudevaḥ. Litt. : "Tout est le fils du dieu bon", tout est Kṛṣṇa.
La civilisation indienne est une civilisation indoeuropéenne. Elle est donc fondée sur l'opposition entre la pensée et la matière, entre l'intellectuel et le manuel. En Inde, tout ce qui est manuel est impur et inférieur à ce qui est de l'ordre de la conception. Vous ne verrez jamais un ingénieur changer une ampoule. Dans le domaine de la facture d'instruments de musique, la situation n'est guère différente. Même les constructeurs d'instrument prestigieux, comme Hemen à Kolkata, font faire les instruments par des artisans sous-payés et sous-équipés, pour les vendre ensuite comme leur s œuvres propres... Voici un petit film ou l'on voit l'un de ces ateliers ruraux, dont l'existence est jalousement gardée secrète par les soit-disant "facteurs d'instruments" de la grande ville comme Hemen. Voilà pourquoi les instruments souffrent souvent de défauts de construction, et voilà aussi pourquoi ils sont si chers. Alors qu'un artisan est payé 5000 roupies/mois dans le meilleur des cas, un sarod est vendu en ville 50 000 roupies, et près de 100 000 roupies pour un sursingar (gros sarod) ! La famille Hemen (dont le patriarche nous a quitté il y a peu) ne lésine pas sur ses marges ! L'emprise de ce clan peu scrupuleux est typique de la situation de l'artisanat indien.
Des activistes sociaux essaient d'aider ces artisans en leur expliquant comment vendre directement leur production sur internet. Dans ce document, on reconnaît notamment Shubha Mudgal, fan de Kabîr et disciple de Kumar Gandharva. Mais malgré leur bonne volonté, on s'aperçoit vite qu'ils ont du mal à franchir le fossé de classe qui les sépare de ces artisans de Mirâj, autre lieu de production d'instruments, mais situé au sud de Mumbay :
De toutes les façons, même si un artisan parvient à avoir pour lui tout l'argent, il se transformera en patron, et sous-traitera à son tour... même si les sous-traitants sont des membres de sa famille ! Les exploités deviennent exploitants dès que l'opportunité se présente.