Bienvenue dans les pâturages de la Vache cosmique. Philosophie et mystique, voie de la connaissance et de l'amour. Philo-sophia, amour de la sagesse, désir de vérité, expérience et réflexion. Yoga ou union du cœur et de la tête. La philosophie comme yoga, la philosophie comme pratique, éclairée et nourrie par la tradition du Tantra et autres sources que nous ont léguées nos ancêtres. Cours Tantra traditionnel.
samedi 12 février 2011
L'athéisme vu par un shivaïte
La majesté de la Puissance d'emprisonnement
(Se fait évidente dans) la croissance des misères de l'Âge de fer
Telles que les théories du déni .
Prisonniers de cette Puissance du Grand Seigneur,
Les hommes parlent ainsi : 1
"La conscience est un attribut du corps.
Il n'y a aucun Soi en dehors du corps, etc. .
Il n'existe absolument aucun Seigneur,
Ni aucune renaissance, ni vice ni péché, etc. 2
La totalité des éléments matériels évolue spontanément
En la forme complexe des mondes, etc.
Parmi ces choses matérielles,
Il ne fait aucun doute que le corps humain est la meilleure. 3
On doit savoir que le bonheur des hommes est donc
La fin ultime de (l'existence) du monde.
La raison refuse toute distinction
Quand au droit au bonheur des hommes. 4
Le monde entier doit être organisé pour permettre
Le bonheur du genre humain,
Sans hiérarchie dans
Les moyens d'accéder à ce bonheur. 5
On doit concentrer les efforts en vue du bonheur
Et abandonner les considérations inutiles sur l'ordre naturel des choses .
On doit considérer la croyance au Seigneur comme
Autant de contes forgés pour (rassurer) ceux qui sont effrayés, comme des enfants. 6
Aucune action n'est particulièrement conforme à l'ordre des choses.
On ne doit pas non plus penser que certaines ne le sont pas.
On doit toujours faire ce qui rend possible
Le bonheur des hommes." 7
(Cet) effort, qui est certes la cause du bonheur de tous les hommes
Est bien sûr admis pas les śivaïtes.
Mais le reste des thèses de la théorie des athées
Est parfaitement intenable. 8
Balajinnātha Paṇḍita, Le Miroir de la liberté (Svātantrya-darpaṇaḥ), Munshiram Manoharlal, Delhi, 1993
vendredi 11 février 2011
Prisonnier de sa liberté
Suite et fin du chapitre quatre :
L'enseignement śivaïte proclame d'une seule voix
Que la plus haute souveraineté consiste à accomplir ces cinq actes :
Émanation, subsistance, résorption,
Voilement et grâce. 12
De fait, ces cinq actes de Śiva
Procèdent sans interruption ni obstacle
Dans la totalité des choses,
Grâce à (sa) Puissance plus que merveilleuse. 13
Prisonnier, il est esclave des plaisirs sensibles
Qu'il goûte et il déchoit sans cesse.
Il peut (bien) nier (l'existence du) Seigneur Suprême
Et mépriser l'enseignement et le maître dans sa confusion. 14
Tout cela est le déploiement du Soi de Śiva
- Œuvre qui consiste à se voiler soi-même - et rien d'autre.
Il voile son essence innée
Par la majesté de sa propre liberté souveraine. 15
Longtemps, il transmigre ainsi.
Alors, il prend appuis sur le discours de l'enseignement (expliqué) par le maître
Et il reconnaît sa nature propre - la nature de Śiva,
Par la grâce innée de Śiva. 16
Balajinnātha Paṇḍita, Le Miroir de la liberté (Svātantrya-darpaṇam), Munshiram Manoharlal, Delhi, 1993
vendredi 4 février 2011
Mais alors, pourquoi ?
Śiva, l'indépendant, déborde de Puissances.
Il compose en lui-même, toile bien égale,
Le tableau plus que merveilleux des univers,
Par nul autre que lui-même, déploiement de couleurs vives. 5
De même, il crée l'épopée des univers
Et il joue sans cesse ce drame du monde.
Comme il se délecte à chaque instant
De sa propre saveur ineffable,
Le Seigneur Suprême surpasse (tout). 6
Lui qui est pure conscience,
Comment peut-il devenir aussi inerte que la terre et autres (éléments matériels) ?
Lui qui est pure non dualité,
Comment peut-il devenir cette dualité d'une incroyable diversité ? 7
Lui qui est l'incarnation de la pure félicité,
Comment peut-il souffrir l'immense souffrance du devenir ?
Lui qui transcende le saṃsāra,
Comment peut-il errer tel un misérable ? 8
Lui qui est sans concept aucun,
Comment peut-il devenir un être de concept ?
Lui qui est toujours pur,
Comment peut-il devenir impur ?
Lui qui est plénitude,
Comment peut-il devenir indigent ? 9
Tout cela n'est rien d'autre
Que sa souveraine liberté,
Son pouvoir de réaliser l'impossible.
Ceci est sa Puissance,
Qui fait de lui le suprême Śiva. 10
Telle est sa parfaite souveraineté
Qui le distingue de ce qui est (simplement) vide.
Tout cela est un ornement,
(Mais) les naïfs y voient au contraire un défaut ! 11[1]
Balajinnātha Paṇḍita, Le Miroir de la liberté (Svātantrya-darpaṇam), Munshiram Manoharlal, Delhi, 1993
[1] La Māyā - l'illusion de la dualité - n'est pas un défaut (dūṣaṇam), mais un ornement (bhūṣaṇam) de notre vraie nature souveraine.
Râg Kedar. Toute la bhakti dans cette interprétation de Mukul Shivputra :
jeudi 3 février 2011
L'absolu comme écosystème
Ramana, Cinq hymnes à Arunâchala, trad. à partir de la traduction anglaise du Pr. Swaminathan, p. 125
La métaphore du cycle de l'eau est filée par Longchenpa dans Le Coffre aux trésors des écritures, commentaires à L'Elément réel - un précieux trésor, chapitre treize, Où il est montré [comment] on se “ré-Éveille” sans effort ni pratique (selon la traduction de S. Arguillère). Le passage ressemble à ceci, si l'on se réfère à la belle traduction de Richard Barron (pp. 395-396) :
"L'essence est pareille au soleil qui brille en toute clarté
dans l'étendue de l'espace élémentaire de tous les phénomènes.
Toute chose se manifeste sans limite à cause de son énergie dynamique,
pareille aux rayons du soleil.
Ils diffusent leur chaleur sur la terre et sur les masses d'eau, de sorte qu'un déploiement de nuages se manifeste, formé de vapeur d'eau.
Ceci obscurci l'essence elle-même et son énergie dynamique.
De même, à cause de la manifestation impure de l'énergie dynamique qui dérive naturellement de l'essence même, notre perception de la réalité - l'essence pareille au cœur - est voilée.
L'univers des apparences et des possibilités consiste en un nombre inconcevable de perceptions basées sur la confusion.
L'énergie dynamique des rayons du soleil met en branle le vent
qui disperse les nuages.
De même, quand on réalise l'essence de l'être,
sa manifestation est perçue comme son ornement.
La confusion, qui a toujours été libérée, est à présent libérée
sur place."
Madame Guyon a consacré un livre entier, l'un de ses meilleurs, à l'exploration de cette image. Larges extraits dans cette anthologie.
Dans la Reconnaissance de même, le Soi s'emprisonne lui-même et se délivre "lui-même", c'est-à-dire en toute liberté, sans avoir recours à quoi ou à qui que ce soit. :
"Le Souverain des dieux se lie lui-même et se libère lui-même.
Il est lui-même le sujet qui éprouve (jouissance et douleur)
Et il est lui-même le sujet qui connaît.
Qu'il s'examine donc lui-même ! "
Traité de l'Essence (Sâra-shâstra)
L'image de l'oiseau quittant le mât d'un navire (technique autrefois employée pour détecter la présence d'une terre émergée) se retrouve bien sûr dans les textes de la Mahâmudrâ et de ses dérivés, mais aussi dans l'Amanaskayoga, traduit par T. Michael dans Aspects du yoga.
Mais enfin, c'est quoi ?
Seigneur présent en son essence
A l'intérieur de toutes les créatures
Comme "je" (bien qu'il) ne soit pas objet de science,
Maître des maîtres, dieu primordial incréé,
Je te salue, sublime Ramana, océan de compassion.Lakshman Sharma, élève de Ramana Maharshi, Shrîramanaparavidyopanishad
Pour les sens il est inexistant, mais il peut être connu par la conscience : Sivam se manifeste comme réalité, comme "Je".
Muruganar, barde et amis intime de Ramana, Padamalai
Il n'y a pas d'être qui ne soit conscient et qui ne soit, par conséquent, Shiva.
Ramana, Talks with Ramana Maharshi n° 450
La seconde citation est extraite d'une traduction anglaise récemment publiée par David Godman.
