Délectons-nous jour et nuit
en la joie innée,
aux pieds du Soi qui est Dieu,
qui brille en nous - "je...je"-
le jour comme la nuit.
Alors l'Ignorance fondamentale,
appelée "je", s'évanouira.
Ramana, Stance inaugurale pour le Fleuron de la discrimination (Vivekacudâmani, lequel, soit dit en passant, n'est pas une œuvre de Shankara, mais bien d'un certain Shankarânanda qui vécût au XVIe siècle). Il y a un tas de jeux de mots intraduisibles (par ex. aham signifie en tamoul "je" et "intérieur"; pada signifie "pied" et "domaine, état", etc.) ainsi que des allitérations. Voir ici.
Bienvenue dans les pâturages de la Vache cosmique. Philosophie et mystique, voie de la connaissance et de l'amour. Philo-sophia, amour de la sagesse, désir de vérité, expérience et réflexion. Yoga ou union du cœur et de la tête. La philosophie comme yoga, la philosophie comme pratique, éclairée et nourrie par la tradition du Tantra et autres sources que nous ont léguées nos ancêtres. Cours Tantra traditionnel.
mercredi 24 février 2010
mardi 23 février 2010
Qu'est-ce que l'ignorance ?

La Vache cosmique : Horreur ! Dharma-le-chien broute les livres de son maître. Heureusement, je n'existe pas, je ne vois rien... Je suis le vide conscient d'une illusion... peut-être une illusion de conscience ?
Dharma-le-chien : Et comment crois-tu que je suis devenu si savant ? Quand mes maîtres ne sont pas là, je grignote du Schopenhauer, j'écharpe la Bible et je mâchonne quelques feuillets sur la non-dualité. Je restitue l'ensemble dans le jardin (c'est beau l'écologie !) après en avoir extrait le parfum soigneusement conservé dans le trésor de ma mémoire infaillible.
Carotte-le-lapin (bélier-petit-tout gris) : Les vapeurs te montent à la tête. Un labrador intello... Encore un coup de la CIA !
Dharma : A ce propos, je suis tombé sur un petit livre intéressant. Écrit par Dennis Waite sur la culture satsang et la non dualité telle qu'elle est enseignée aujourd'hui. La thèse de Waite est simple :
Les Eveillés se réclament de la non dualité de l'Orient, mais ne comprennent rien à sa principale tradition, le Vedânta. Il distingue deux niveaux de foirage : le néovedânta (Papaji, Gangaji, Puppetji, Carotte-le-lapin, etc.) et le pseudovedânta (Tony, Jeff, Nathan, la Vache (?), etc.). Selon les néos, il faut méditer après l'Eveil pour atteindre l'Eveil complet, être vigilant pour ne pas se laisser reprendre par la dualité. Selon les pseudos, il n'y a absolument rien à faire une fois compris qu'il n'y a avait rien à faire. Mais Waite oublie de mentionner une chose.
Carotte : Laquelle ?
Dharma : Il n'y a pas un seul Vedânta "traditionnel". En fait, les deux courants non dualistes occidentaux distingués par Waite correspondent à deux grands courants du Vedânta traditionnel.
Carotte : Pfff... mouais. Et cette "distinction", elle vient de la tête ou du cœur ?
Dharma : Et cette distinction entre la tête et le cœur, elle vient de la tête ou du cœur ?
Carotte : Et cette distinction entre une distinction tête/cœur qui vient de la tête, et une autre qui vient du cœur, elle vient de la tête ou du...
[Dharma bouffe Carotte. Non seulement c'est un labrador intello, mais en plus, il adore les carottes. Encore un coup de Monsanto ?]
Dharma : Avant de te briser la nuque pour de bon, je vais te décrire ces deux courants, car ma compassion est sans limites, comme l'espace (ah, l'espace !).
Le premier est le courant radical de Shankara et Sureshvara : Les rituels ne servent à rien, la méditation non plus, vouloir arrêter le mental est comme de vouloir pisser dans l'océan pour le faire déborder, seul le "Tu es cela" nous fait connaître le Soi. L'Éveil, c'est corriger l'erreur qui consiste à confondre le Soi (la pure conscience-Témoin) et le non soi (tout le reste). Mais il ne s'agit pas de supprimer l'Illusion, c'est-à-dire le mental et le monde. Il faut juste discriminer le Soi et le non-soi, comprendre que le non soi n'est jamais né, que le Soi est évident. Il faut donc distinguer ignorance et illusion.
Carotte : Je ne suis qu'un lapin, j'y comprend rien.
Dharma : C'est simple. Prend l'exemple de ce beau ciel bleu : même si tu corriges l'erreur qui consiste à attribuer au ciel la couleur bleu, l'illusion que le ciel est bleu continuera d'apparaître. L'Ignorance, c'est l'erreur, pas l'illusion. La Connaissance, c'est cesser de les confondre. Je continue de voir que le ciel est bleu, mais je sais que c'est une illusion. La Connaissance annule l'Ignorance, pas l'Illusion.
Carotte : Soit. Mais alors, tout continue comme avant. Ton truc, c'est purement cérébral, superficiel, de la ratiocination de rat de jardin. A quoi bon cette montagne de mots pour accoucher de... rien ?
Dharma : Effectivement, l'Illusion ne cesse pas. Mais en réalité, non. Car une illusion, ce n'est pas quelque chose qui se produit, et qu'on pourrait ensuite faire cesser. Ceux qui veulent faire taire l'illusion montrent simplement qu'ils n'ont pas compris que c'était une illusion. Si l'illusion était une chose réelle, elle pourrait réellement cesser. Mais l'illusion, c'est ce qui apparaît sans exister. Ce qui n'a jamais existé ne peut pas cesser d'exister.
Carotte : Ah oui, c'est comme un arc-en-ciel : on ne peut pas l'attraper pour le casser ou passer dessus.
Dharma : Ne me dis pas que tu a courus après des arcs-en-ciels ?! De même, l'espace est partout. Ce qui n'est pas partout n'est nulle part. Ce qui n'existe pas toujours n'existe jamais ! C'est comme si tu creusais des terriers pour trouver l'espace.
Carotte : Pourquoi crois-tu que je creuse ?
Dharma : Quelle pitié ! comme eut dit le Sage bangladeshi (Gaudapâda pour les érudits). En vérité - et il n'y a que la vérité - même la théorie de l'ignorance relève de l'ignorance. Même la distinction entre réel et irréel présuppose la confusion entre le Soi et le non soi. En fait, toutes les activités, profanes ou spirituelles, depuis le sommeil jusqu'à l'Éveil, ne sont possibles que sur la base de l'ignorance.
Carotte : Mais d'où vient cette ignorance ?
Dharma : Non seulement t'es lapin, mais en plus, t'es crétin ! S'il te plaît, arrête de te conduire comme ces gens qui assistent à un satsang sublime pour demander à la fin, en toute innocence : "Mais alors, comment on fait pour appliquer ça dans la vie de tous les jours ?"...
Carotte : Je ne suis qu'un lapin.
Dharma : T'es maudit oui !
Carotte : Fasciste! réac! raciste !
Dharma : Juste chien, ça suffira.
Carotte : Et raconte le deuxième courant. Je sent que j'en fait partie.
Dharma : C'est le courant de la non dualité modérée représentée par Mandana et tous les shankariens d'après Shankara.
Carotte : Tu suggères que la tradition du Vedânta, qui se réclame du grand Shankara, a trahi Shankara ?
Dharma : Exactement. Quand Waite dit que les "méchants Occidentaux" ont dénaturé le "Vedânta traditionnel", ça me fait rire. Aujourd'hui, la presque totalité du Vedânta se réclame de Shankara-le-radical, mais dérive en fait d'un de ses ennemis, Mandana.
Mandana était marié. Il pense que le "Tu es cela" permet seulement d'obtenir une connaissance indirecte, intellectuelle, de l'absolu, connaissance qu'il faut ensuite transformer en connaissance directe, intuitive, grâce à une méditation répétée. Plus les rituels. Le "Tu es cela" ne procure pas une connaissance directe de notre vraie nature. C'est seulement une invitation à la pratique, une sorte de publicité alléchante et un peu exagérée.
En plus, selon Prakâshâtman - un autre grand "non dualiste" -, l'ignorance est la même chose que l'illusion. Or, on constate que l'illusion continue même après l'Éveil. L'ignorance, conclut-il, n'est donc pas une simple erreur que la connaissance du "Tu es cela" pourrait corriger, mais une sorte de Puissance mystérieuse... Une sorte d'étoffe, de matière, de substance inconsciente. Ses effets sont le monde. Et ils ne peuvent cesser qu'après la mort. Donc, même l'Éveillé continue d'être "victime de l'ignorance".
Carotte : Mais alors, qu'en est-il de la non dualité ?
Dharma : Ô merveille ! Tout n'est donc pas perdu pour toi ! En effet, dire que l'ignorance n'est pas une simple confusion mais une substance réelle, c'est anéantir la non dualité et la possibilité d'un salut par la connaissance. Il est donc crucial de bien comprendre ce qu'est l'ignorance pour Shankara : une simple confusion entre le réel et l'irréel. Le mental et le monde, étant irréels, ne sont rien. Il n'y a pas à les prendre en considération.
Carotte : Mais tout de même ! Je sens que je suis réel !
Dharma : C'est le Soi. Mais l'erreur consiste à projeter la conscience sur des objets, et les qualités des objets sur le Soi, comme dans l'exemple du ciel bleu. Ou alors, prend l'exemple du Vide-au-dessus-des-épaules, ce sera encore plus clair : l'ignorance, c'est croire que je suis ici ce que je parais être là-bas (dans le miroir, dans le regard des autres, etc.).
Carotte : Oh !
Dharma : Ah !
lundi 22 février 2010
Y a-t-il un état de sommeil profond ?
Carotte-le-lapin : Salut Dharma-le-chien. Quelle belle journée ! J'ai bien dormi. Mais, comme tu l'avait prédit, je n'en suis pas ressorti plus "éveillé". Si le mental est l'obstacle à l'Éveil, pourquoi ne suis-je pas éveillé, et pourquoi le sommeil profond n'est-il pas une merveilleuse expérience de conscience et de félicité ?
Dharma-le-chien : Parce que le mental n'est pas l'obstacle qui t'empêche de voir ta vraie nature. Le mental, c'est-à-dire l'imagination, projette mille choses sur cette vraie nature. Mais en plus, il y a le fait de ne pas voir ta vraie nature, le Soi.
Carotte : Je ne vois pas la différence...
Dharma : Prends l'exemple de la corde prise pour un (vilain) serpent. D'abord, tu ne vois pas la corde. Sur la base de cet aveuglement, tu projettes sur elle le souvenir d'un serpent. Ce sont deux formes d'erreur distinctes. Or, durant le sommeil profond, toute projection cesse bien. Mais l'aveuglement persiste. Il n'y a plus de serpent projeté sur la corde, mais la corde n'est pas vue pour autant.
Carotte : Mais alors, quelle est l'expérience du sommeil profond ?
Dharma : C'est l'expérience de cet aveuglement massif, que certains nomment "ignorance". Le mental étant absent, il ne peut être considéré comme la cause de cette ignorance. C'est elle, au contraire, qui est la "cause" du mental, de même que la non appréhension de la corde est la "cause" ou la condition de la projection imaginaire du serpent sur elle. Donc, cesser d'imaginer ou de penser, ce n'est pas automatiquement voir notre vraie nature.
Carotte : Mais comment faire cesser cet aveuglement que tu appelles "ignorance" ? Si même la disparition des pensées ne déchire pas ce voile de stupeur, que faire ?
Dharma : Une fois que le mental est informé de ces deux formes d'ignorance, il se tourne vers les intervalles entre les pensées, vers le sommeil profond, comme vers un océan de conscience dans lequel il se dissout à chaque instant. La torpeur se transmute ainsi, progressivement, en pure présence. En réalité, le sommeil profond est déjà notre vraie nature. Mais paradoxalement, c'est son caractère trop évident qui nous empêche de la voir, comme l'espace est "caché" par son omniprésence.
Carotte : Mais alors, le mental joue un rôle dans l'Éveil ?
Dharma : Bien sûr. Seul le mental "s'éveille". Il devient alors plus subtil, jusqu'à se confondre avec la pure présence.
Carotte : Mais tu as dit avant que l'ignorance était antérieure au mental ? Comment ce dernier pourrait-il faire cesser sa propre cause ?
Dharma : Exactement de la même façon qu'un antidote, après avoir neutralisé un poison, s'élimine lui-même du corps. Le mental est informé de sa vraie nature, puis il s'abolit dans cette vision. Du reste, le mental n'a jamais été autre chose que cette pure présence qui est notre vraie nature, simplement oubliée temporairement.
Cela étant, l'état de sommeil profond n'existe pas vraiment.
Carotte : Hein ? Quoi ? Mais n'est-ce pas un des trois états décrits par les Grands Sages de l'Autre Côté ? Veille, rêve, sommeil profond : les trois états qui se déploient sur fond de pure présence ?
Dharma : Pas tout à fait. Pas du tout, en fait. Cette description commode est une concession au sens commun qui prend les apparences pour la réalité. Mais en réalité, il n'y a pas d'états, à commencer par le sommeil profond. En effet, qu'est-ce que j'expérimente ? Le soir, je ferme les yeux, le réveil indique 22h. Puis je les ouvre, le réveil indique 8h. Et qu'y a-t-il entre les deux ? Rien. Ou plutôt, un instant de pure présence, sans forme et intemporel. Il n'y a pas continuité de la conscience, il y a présence sans durée.
Carotte : Mais alors, pourquoi les Sages ont-ils parlé de ces trois états, et des intervalles entre les pensées ?
Dharma : C'est pédagogique. Quand on veut montrer une constellation d'étoiles à quelqu'un, on peut lui dire "Regardes cette étoile, tu vois, juste sur la branche de cet arbre !". Mais, en réalité, l'étoile n'est pas, et n'a jamais été, "sur" la branche d'arbre. De même, notre vraie nature n'a jamais été "entre" les pensées. La pure présence n'est pas située. De même, dire que notre vraie nature est "ce qui perçoit", "ce qui pense", "le Témoin des pensées", "l'espace entre deux pensées" ou "l'espace vide au-dessus des épaules", ce sont des indications très utiles, mais pas la réalité finale. Quand on retourne son attention au-dessus des épaules, vers "ce qui regarde", on découvre un espace, et l'espace est partout et nulle part. Il n'est pas ici ou là-bas. Ces formules sont des moyens habiles, pas des déclarations sur "la réalité ultime".
Carotte : Et la veille et le rêve, ce ne sont pas des états ?
Dharma : C'est sans importance, une fois que l'on a vu ce qu'il fallait voir.
dimanche 21 février 2010
La question qui tue

La vache-cosmique dit : Pour parler, je n'ai pas besoin d'exister. Quelle merveille !
Carotte-le-lapin : On s'en fiche, et puis c'est le contraire : tu n'as pas besoin de parler pour exister ! Alors médite au lieu de délirer ! Tout ça, c'est du mental. Il faut supprimer le mental ! Le mental est la seule cause de toutes nos souffrances, c'est légo !
Dharma-le-chien : L'ego, patate... euh, non, carotte. Mais si le mental est, par lui-même, erreur et obstacle à l'Éveil, alors s'ensuivent deux choses:
Premièrement : "Le mental est un obstacle" est une construction mentale, donc cette idée que le mental est un obstacle est un obstacle, etc. etc.. Voilà pour ceux qui aiment jouer avec les paradoxes et les tautologies.
Mais la deuxième implication me paraît autrement plus importante. Voici :
Si le mental est LE obstacle à l'Éveil, pourquoi ne s'éveille-t-on pas lors d'un profond sommeil ?
Question simple et dévastatrice pour qui croit que le mental est notre ennemi (encore une contradiction performative, mais passons).
J'explique pour ceux qui n'ont pas compris (dont la Vache, j'en ai bien peur) : Le mental (mind), c'est les pensées, les émotions, etc. Le sommeil profond, c'est par définition l'absence de tout cela. Si la cause (le mental) cesse, l'effet (souffrances "spychologiques", etc.) devrait cesser, conformément au raisonnement selon quoi "quand le mental est présent, la souffrance est présente, quand le mental est absent, la souffrance disparaît". Or, il n'en est rien. La cessation de la souffrance est provisoire. Et puis, seulement réveil (matin), pas d'Éveil.
Carotte : Mais tout ça, c'est encore le mental !
Dharma : Et ?
Carotte : Mais le mental, c'est mal !
Dharma : Donc la disparition du mental devrait déboucher sur un bien.
Carotte : Assurément. Du reste, on ne peut vivre sans dormir. On donnerait son empire pour ce rien. Le sommeil profond rééquilibre les constituants corporels, on se sent reposé, rasséréné, revigoré, réjuvéné, rené. Presque un Éveil. Voilà suffisamment d'indices pour satisfaire le mental de monsieur, non ?
Dharma : Soit. Mais pourquoi on ne s'éveille pas du rêve du mental, alors que le mental cesse ? D'ailleurs, il y a pire : chaque intervalle entre deux pensées est comme un petit sommeil profond, une petite mort du mental. Des milliers de milliers de morts par jours, et pas d'Éveil. Pourquoi ?
vendredi 19 février 2010
Silence et silence ?
La vision de notre vraie nature s'accompagne souvent de silence.
Le silence est propice à cette vision.
Le silence est favorable au partage de cette vision. Il existe de nombreux témoignages sur cette communion.
Mais on constate également que des personnes ont, par leur silence et leur présence, des effets similaires - silence et béatitude, extases -, alors qu'ils montrent par ailleurs des symptômes de troubles psychiques tels que la paranoïa ou la mégalomanie.
Comment des déséquilibrés peuvent-ils provoquer d'authentiques expériences mystiques ? Comment ce silence peut-il agir ? Et n'est-ce pas une preuve que la présence du "sage" et ses effets ne sont que des projections ? Enfin, pourquoi un silence est-il parfois perçu comme pesant ou embarrassant, alors qu'ailleurs il est perçu comme divin, comme une confirmation ineffable d'une révélation qui dépasse les mots ?
Un exemple de silence interprété comme divin :
Un autre exemple, plus récent :
Enfin, un article en anglais explique que le silence est perçu différemment en fonction du contexte. Dès lors qu'un individu est perçu comme "éveillé", son silence fonctionne comme une confirmation de son pouvoir mystérieux. D'où l'importance du silence dans les réunions spirituelles, comme dans les satsangs par exemple.
Je ne nie pas qu'une transmission silencieuse soit possible. Bien au contraire. Je me demande simplement pourquoi cette communion fonctionne parfois alors même que le "maître" est manifestement un homme charismatique, habile, mais sans réelles qualités humaines.
Simple curiosité.
Le silence est propice à cette vision.
Le silence est favorable au partage de cette vision. Il existe de nombreux témoignages sur cette communion.
Mais on constate également que des personnes ont, par leur silence et leur présence, des effets similaires - silence et béatitude, extases -, alors qu'ils montrent par ailleurs des symptômes de troubles psychiques tels que la paranoïa ou la mégalomanie.
Comment des déséquilibrés peuvent-ils provoquer d'authentiques expériences mystiques ? Comment ce silence peut-il agir ? Et n'est-ce pas une preuve que la présence du "sage" et ses effets ne sont que des projections ? Enfin, pourquoi un silence est-il parfois perçu comme pesant ou embarrassant, alors qu'ailleurs il est perçu comme divin, comme une confirmation ineffable d'une révélation qui dépasse les mots ?
Un exemple de silence interprété comme divin :
Un autre exemple, plus récent :
Enfin, un article en anglais explique que le silence est perçu différemment en fonction du contexte. Dès lors qu'un individu est perçu comme "éveillé", son silence fonctionne comme une confirmation de son pouvoir mystérieux. D'où l'importance du silence dans les réunions spirituelles, comme dans les satsangs par exemple.
Je ne nie pas qu'une transmission silencieuse soit possible. Bien au contraire. Je me demande simplement pourquoi cette communion fonctionne parfois alors même que le "maître" est manifestement un homme charismatique, habile, mais sans réelles qualités humaines.
Simple curiosité.
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