mardi 13 octobre 2015

Comme un duel à la Sergio Leone, comme un thème à la Zimmer

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Le désir pur, l'élan en son premier jaillissement : 
pure conscience, 
bouillonnante vibration, 
frémissement conscient, 
acte d'être, 
émerveillement créateur, 
avant toute bifurcation, 
en amont de toute dualité, 
jaillissement de tous les possibles, 
mais indifférenciés.


Je le ressens au moment d'énoncer "a..."
Je reste indéfiniment dans ce jaillissement, comme une vague qui gonfle, qui n'en finit jamais de grandir en son immensité, comme une démangeaison, une attente, un éternuement, une tension vers un dénouement, un élan aveugle et pourtant omniscient...

Et aussi, au cœur de n'importe quelle émotion intense, que l'intensité fait déborder sur place, pour ainsi dire.
Quand l'eau tombe sur une surface chaude, elle s'évapore.
Mais quand elle tombe sur une surface trop chaude, elle vibre sur place, elle danse et bondit en tous sens. 
Il y a comme une vibration, un mouvement immobile, une émotion immuable, une balancement infinitésimal, une explosion en un point sans dimension, une extase qui sort de soi pour plonger en soi, comme le mouvement circulaire d'une boucle, comme la rotation d'une toupie.
Cette émotion est sous-jacente à toute émotion, et même à toute expérience.
Mais elle se révèle à nu dans certaines circonstance intenses, notamment celles où il y a une attente, une tension vers un dénouement inconnu, essentiel mais qui nous échappe, un événement qui transcende nos limites physiques et mentales.
Comme par exemple dans cette scène géniale, à la fois débordante d'émotion et qui fait durer le premier instant, cette tension créatrice presqu'insupportable :


Dans cette autre scène de duel, l'accent est encore davantage mis sur l'attente sans attente, cet instant atemporel, et l'énergie monte, monte, animée par une mélodie simple, à trois notes, mais en boucle, à l'image de la Boucle de l'Être :


La musique joue un rôle essentiel. 
Elle est parole sans mot, à même de nous éveiller à ce pur désir qui ne quitte jamais aucune existence car, à dire vrai, il est l'existence. 
Les musiques répétitives se prêtent à manifester ce jaillissement pur, ce désir non-duel, qui est relation, unification, amour. 
Un exemple magnifique et récent est le thème d'Interstellar. Sur toute la durée du film, il nous éveille à l'amour, à cette énergie qui transcende le temps comme dit le film, car l'amour est cet instant d'absolue conscience de soi, cet instant atemporel qui ne commence ni ne finit, et en lequel tout commence et tout finit. Ce thème ne comprend que quelques notes qui se répètent. Peut-être l'une des plus belles œuvres de Zimmer. C'est exactement ce que l'on ressent, mis en musique. Une émotion sans séparation, qui ne l'exclut pas, mais qui l'enveloppe, d'ou une émotion qui devient toujours plus intense, infinie... qui rejoint l'essence de tout, le Cœur des cœurs, l'Âme des âmes, la Déesse. C'est elle que l'on ressent, là, qui se dénude, telle une Isis vivante :


Le même thème dans l'une des scènes du film. Sans commentaires... :


Puis quand l'obstacle devient le moyen. Basculement, reconnaissance... éveil ! :


1 commentaire:

Philippe a dit…

Merveilleux Hans Zimmer.

On peut citer, dans les musiques répétitives qui peuvent éveiller ou nous rapprocher de cette douceur lumineuse, celles du magicien Philip Glass. Sa collaboration avec Ravi Shankar dans "Passages" est juste envoûtante.

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