dimanche 4 octobre 2015

Le mantra

Aham - "Je"


Les mots causent notre perte.
Mais ils peuvent être notre salut, si nous comprenons leur origine. 
Si nous la reconnaissons, et la ressentons.

Les mots - les pensées n'étant que des mots visualisés - sont l'articulation dans le temps d'un mantra.
Ce mantra, c'est la conscience, la prise de de conscience totale de soi, tous les possibles enveloppés en un seul acte : "je suis je".

Le devenir est le déploiement de cet acte, la récitation successive de ce mantra.

Mais ce mantra ne cesse pas pour autant. Derrière les mots, il y a ce murmure persistant, ce verbe  ininterrompu, silencieux et pourtant assourdissant, cette source inépuisable. Quand nous sommes uniquement tournés vers les mots et les choses, extravertis, nous sommes dans le malheur. Quand nous nous retournons vers nous-mêmes, nous plongeons dans cette source, notre essence véritable, essence universelle. 
Les mots, si dangereux soient-ils, ne seraient rien sans ce mantra, ce verbe atemporel. Aussi aucun bavardage n'a t-il le pouvoir d'interrompre ce mantra, le seul  véritable, qui s'énonce en chaque être et en chaque chose depuis toujours et à jamais. La véritable "pratique du mantra", c'est se mettre à l’écoute de ce mantra. Je découvre alors que c'est moi qui l'énonce, étant ainsi le créateur de tout. Je reconnais ainsi Dieu, cette Déesse qui est plus moi que moi. Les mots sont comme des vagues dans ses eaux profondes et inconcevablement vastes. 

Les mots ne peuvent dire sa richesse. Aussi, ils sont trop... trop ; pour témoigner de sa simplicité. Trop, ou trop peu. Pourtant, à leur manière, ils lui rendent hommage. Les mots sont les échos du mantra, les vagues reflètent l'océan car, en vertu de la liberté de la conscience, tout est en tout, selon le mode qui convient à chacun et chacune.
Les pensées perdent alors leur pouvoir aliénant. Elles se résorbent en leur source. Elles disparaissent en leur fond créateur, comme autant d'hommages à la source mystérieuse. Elles ne fascinent plus.
Comme dit Abhinavagupta, cette parole ultime est le langage authentique, la vérité et le bien ultime. "Je suis je" n'est pas une convention, c'est le mantra naturel, que nul individu ne peut énoncer, que nul individu ne peut faire taire, le mantra qui réalise tout et toute vérité, sans lequel même l'illusion serait impossible. C'est le mantra de la conscience "je", le mantra des mantras, le vrai mantra, la clé, le salut, le symbole, le rituel, la pratique, le stage ultime, la grande retraite, la prière originelle, l'initiation, la contemplation, la vision, la vraie transe, l'expérience, le ressenti profond, la grande cérémonie, le cœur, la grande déesse, le nouvel âge, la vibration innée, la mutation ultime, la terre authentique, la vraie révolution, et ainsi de suite.



1 commentaire:

Zwyn a dit…

J'ai toujours fortement été intrigué par les mantras divers.Il y en a de plus une telle variété..J'en ai toujours eu un peu peur disais-je; quand par exemple des amis vajnava m'incitent à réciter leur mantra " Hare Krisna..." , j'ai peur d'une manipulation mentale tout comme pourrait l'être la prière du coeur hésychaste d'ailleurs. Pourtant , les cotoyant depuis longtemps , je les sais profondément pacifiques. Qu'en pensez-vous ?

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