samedi 26 mai 2018

L'éveil selon Plotin - amour et toucher


Il y a un cliché :
le christianisme aurait inventé l'amour.
L'idée est que "la sagesse grecque" (=le platonisme) aurait découvert la sagesse, l'extase de l'union avec l'Un au-delà de tout ; mais seul le christianisme aurait apporté l'amour aux hommes, accouchant ainsi de la mystique.

Tout ceci est faux, à mon sens.
Depuis trente ans que je me suis mis à l'écoute des enseignements néoplatoniciens, 
j'ai entendu dans leur bouche le même discours sur l'amour, à commencer par ceux de Platon (Phédon, Banquet) qui esquissent une voie d'amour complète.

De manière quasi systématique donc, les auteurs chrétiens ont tendance à passer sous silence l'ampleur de l'apport grec "païen". C'est évident dans le cas du Pseudo-Denys (celui de la cathédrale du 93), "père" de la mystique chrétienne. Cet auteur, peut-être un moine syriaque, a tout pompé sur Proclus, l'un des plus grands, si ce n'est le plus grand, philosophe platonicien "païen".

L'Un est l'aimé et l'amour : il est amour de soi (Plotin V, 4, 2)

Porté à l'intime de lui-même, il s'aime lui-même et sa pure clarté, et il est lui-même ce qu'il aime... son existence est son regard vers lui-même... cet acte est éternel, il est semblable à un éveil (égrègorsis) qui n'est pas séparé du sujet, un éveil et une intelligence éternelle au-delà de l'intellect (Plotin, VI, 8, 16)

C'est un "contact avec la lumière même qui fait voir" (Plotin V, 3, 17), un "toucher (épaphè) qui n'a rien d'intellectuel" (VI, 9, 10), etc.

Cet éveil, c'est comme "faire coïncider son propre centre avec le centre universel" (VI, 9, 10). Il ajoute "Celui qui a vu me comprend" (VI, 9, 9).
C'est un don de soi, une extase, une simplification, un élan vers un contact, dit-il encore.

Tout est dit.
La mystique européenne est née.

Au-delà, cette tradition converge avec le shivaïsme du Cachemire.

2 commentaires:

  1. Bien évidemment la philosophie grecque a influencé la croyance et la mystique chrétienne, les manuscrits du Nouveau Testament sont en grecque biblique, l'évangile de Jean en est un exemple parfait (logos verbe), mais la différence est dans l'incarnation, Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité, et la vie, Jésus est Dieu, pas les philosophes grecques. L'incarnation va bien au-delà de la philosophie.

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  2. L'orgueil spirituel: L'orgueilleux est celui qui se connaît le moins. Il est tellement infatué de lui-même que toute tentative pour l'éclairer s'avérerait sans succès. Il ne veut rien savoir. L'orgueilleux ne tolère aucune contradiction. Il aime la compagnie des gens qui le flattent. Le bien fait par quelqu'un, avec le secret désir d'être applaudi et glorifié, se retourne toujours contre son auteur. C'est une forme d'orgueil que de vouloir de la reconnaissance. Tu dois maintenant réaliser que derrière l'orgueil se cache toujours la peur. La peur de ne pas être aimé, d'être rejeté, d'être jugé, d'être critiqué, etc...

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